La Basilique

Notre-Dame de Marceille est une basilique, ce qui signifie qu’elle reçut du Pape un titre honorifique parmi toutes les églises de Limoux et la spiritualité de l’église catholique. Cette reconnaissance de Rome témoigne de la grande qualité spirituelle de Notre-Dame de Marceille. Il s’agit d’une église qui obéit d’un plan basilical, donc relativement simple. Elle est pourvue d’une nef à vaisseau unique de cinq travées, d’un chevet tripartite avec deux chapelles latérales. L’église est voûtée depuis le XVIIIème siècle, 1783 exactement, sous l’impulsion des Pères Doctrinaires qui souhaitaient mettre l’église « à l’ordre du jour ».  Les deux chapelles latérales bordent la travée. Elles sont consacrées à la sainte Vierge au nord et à saint Joseph (auparavant vouée à saint Loup) au sud. Les absidioles sont vouées au nord à la Sainte Croix, et à saint Michel au sud. Chacune de ces parties de l’église sont richement décorée, par des sculptures et des peintures sur toiles (châssis ou fixées à même le mur). La basilique est pourvue d’un proche datant de 1488, d’un clocher polygonal de style ogival et de puissants contreforts qui donnent l’impression que Notre-Dame de Marceille jaillit de terre tout en étant profondément ancrée dans le sol, en faisant corps avec lui. L’art gothique s’installe tardivement dans le sud de la France. Notre-Dame de Marceille traduit une empreinte romane très présente, par sa forte muralité, son austérité, et son peu d’ouvertures. Elle appartient au style gothique méridional, qui se développe spécifique dans le sud de la France alors que le gothique élancé se développe à Paris et dans le nord du royaume de manière générale. Il s’agit donc d’un édifice peu lumineux, c’est la raison pour laquelle on évide les murs du chœur pour agrandir et prolonger les verrières pour faire pénétrer la lumière au XVIIIème siècle. Les architectes se « mettent à la page », conformément aux pensées des théoriciens de l’architecture religieuse. Il faut laisser pénétrer la lumière, dans le rapport entre les célébrants et les fidèles. L’église est avant tout un lieu ouvert, et l’art baroque du XVIIème siècle sert cet aspect que l’on veut désormais privilégier dans les édifices religieux.

Notre-Dame de Marceille est un édifice voué à la Vierge Marie. La chapelle de la Vierge et la « madone de bois à la figure noire » constituent le pôle de ferveur de Notre-Dame de Marceille. Cette « popularité » se traduit par les ex-voto offerts en reconnaissance de la grâce accordée aux sujets ainsi que son célèbre pèlerinage. Sur les murs de la nef et de l’abside se trouvent les litanies de la Vierge et les tableaux qui lui ont été offerts. Ces tableaux, datant de première moitié du XIXème siècle pour ceux de l’abside et du XVIIème et XVIIIème siècles pour ceux de la nef et de la chapelle de la Vierge et de saint Joseph, sont d’une qualité exceptionnelle. Loin de l’image d’un art rural arriéré, ces tableaux témoignent d’une grande qualité d’exécution. Même si les auteurs de ces ex-voto restent encore anonymes pour la plupart à ce jour, il est important de dire qu’ils sont d’une grande qualité comme l’on en retrouve peu dans des églises  de cette envergure. C’est la raison pour laquelle ils ont été restaurés et le champ de leur étude reste ouvert. Ces ex-voto contribuent vraiment à la beauté de l’édifice, à l’aide des ensembles sculptés et du décor peint en général. Notre-Dame de Marceille est inscrite depuis 2008 sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle, ce qui traduit le renouveau perpétuel de sa « popularité ». ; restaurer l’édifice va de la sauvegarde de ces deux derniers.

Les restaurations de l’année 2011 et leur intérêt pour l’édifice

Notre-Dame de Marceille garde les marques de ses décors et aménagements successifs. Elle constitue un véritable regard vers le passé, un miroir de ce que voyaient les contemporains. En effet, elle se compose d’éléments architecturaux et décoratifs de toutes les époques : le porche  et la chaire du XVème siècle, un clocher et une première chapelle d’origine romane, un revêtement et un plan datant du gothique méridional, des tableaux réalisés entre le XVIIème et le XIXème siècles et enfin, une décoration, des vitraux et un voûtement datant du XVIIIème siècle. Tout ceci constitue un véritable assemblage de ses divers siècles d’existence.

Lorsque nous regardons les décors et l’aménagement intérieur de l’église, nous ne voyons assurément pas ce que les contemporains voyaient. En effet, les décors que nous voyons sur les murs actuels datent du début du XIXème siècle. Une gravure présente dans le musée des ex-voto témoigne du décor intérieur de la basilique avant les restaurations du XIXème siècle, les sondages effectués lors des restaurations de 2011 ont montré la présence de décors sous la couche actuelle qui a été restaurée

Peintures présentes sur les baies du chœur 

© Clichés ateliers Baudin-Savreux

Les peintures du porche, du chœur, des absidioles et des chapelles latérales ont été restaurées. L’analyse des décors permet de compléter l’histoire de l’édifice en mettant au jour l’iconographie qui était présente avant le XIXème siècle. En effet, l’image en général répond de l’enseignement des fidèles dans les églises. Les décors muraux s’inscrivent dans cet objectif depuis le Moyen Âge. Ces décors nous renseignent donc sur le rôle de l’édifice dans lequel nous nous trouvons et sur l’image que les contemporains en avaient. Tous ces décors étaient présents avant les restaurations du XIXème siècle. Les actes de vandalisme justifient d’autant plus les restaurations, notamment des sculptures.

L’édifice en 1850 –Musée des ex-voto Les ateliers de restaurations s’efforcent de privilégier l’authenticité d’un édifice religieux. Il est primordial d’en sauvegarder l’identité, issue de plusieurs siècles d’histoire. Les restaurations se fondent sur des sources conservées en archives ou bien grâce aux prélèvements effectués, afin de réaliser les travaux avec la manière la plus fidèle à l’usage qui soit.

Les vitraux ont également été restaurés. Leur taille actuelle est la même que les verrières qui ont été mises en place au XVIIIème siècle pour donner davantage de lumière à l’édifice. L’électricité a été refaite également.

Les tableaux, les retables et les reliquaires font partie du mobilier classé, tout comme les toiles qui se trouvent sur les murs des absidioles. Le tableau qui se trouve dans la chapelle dédiée à Saint Joseph a récemment été attribué à l’artiste toulousain Pader (XVIIème siècle) et est donc en cours de classement. Certaines des toiles qui se trouvent dans le musée des ex-voto sont également d’une grande valeur. Tous ces éléments contribuent à enrichir considérablement l’édifice qu’est Notre-Dame de Marceille. Le musée des ex-voto a été mis à l’honneur par l’exposition des « Chef d’œuvre de l’art sacré audois », mais aussi par cette volonté directrice de mettre en valeur ce patrimoine religieux hors pairs. L’année 2011 est exemplaire pour la basilique, pour ce patrimoine d’une grande importance et d’une grande beauté que l’on s’efforce de préserver, et que l’Association des Amis de Notre-Dame de Marceille s’efforce toujours de mettre en valeur avec passion et générosité.

© Julie Grassin Delyle .

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